Michel Boujenah

Biography

Né le 3 Novembre 1952, Michel Boujenah arrive en France à l’âge de 11 ans et demi. Il souffre beaucoup de la séparation avec sa terre natale A cet age-là, on commence à élargir son territoire sans encore quitter complètement la chaleur familiale. Ecole communale dans la banlieue sud de Paris, nul à l’écrit, formidable à l’oral, mais cela ne suffit pas pour être un bon élève . Il comprendra cependant que ce n’est pas parce que l’on parle beaucoup que l’on a rien à dire. 15 ans il entre à l’Ecole Alsacienne, une grande chance. Il commence le théâtre Il fait un exposé à sa classe sur le «Dernier des Justes» d’André Schwartbart . Pour la première fois, il sent qu’avec sa parole, il arrive à transmettre ses émotions, et toute la classe est émue. Il est reconnu. Apprécié. On ne se moque plus de lui . Il vient de faire sans le savoir son premier spectacle tout seul..

De 15 à 18 ans, en vrac : la politique, le mouvement lycéen, l’antipsychiatrie, des envies de changer le monde. Il lit Marx, Reich, Brecht. Après le baccalauréat, il décide de devenir acteur «d’avant garde», il passe le concours de l’Ecole Nationale de Strasbourg où il est recalé. La cause : son accent. Il lui colle à la peau Tant pis pour l’école. Il fonde une jeune compagnie théâtrale. En dehors de son expérience de théâtre amateur qui reste fondamentale, il ne connaît rien . Qu’à cela ne tienne, il dit qu’il est, avec ses camarades, «professionnel». Six spectacles collectifs, pas beaucoup de succès mais un intérêt certain de la profession et du Ministère des Affaires Culturelles … Première subvention. Pendant cette période, il fait du théâtre partout où il peut : dans les cités de transit et dans les lycées, toujours avec des enfants, surtout des enfants inadaptés . Il ne peut pas leur apprendre grand chose car il n’a que 20 ans, alors il essaie de leur communiquer son enthousiasme pour la création théâtrale. Il est le dernier de cordée, ce sont les enfants qui inventent, il les suit . Ainsi, lui aussi fait son apprentissage . Au bout de six de travail avec eux, il décide de faire pareil . Il se met à parler de lui et redécouvre son enfance, ses racines, son judaïsme, la force de son accent et toute une source imaginaire fait de souvenirs et d’inventions . Il aura bien du mal à expliquer que ses personnages sont fictifs (il ne raconte pas sa famille, il l’invente) . Il écrit Albert, son premier spectacle Il connaît le succès c’est magnifique! Il est le premier surpris, ses compatriotes viennent en masse Mais le sentiment d’exclusion est encore là . Il entend encore ça et là : «Tiens, un spectacle pour les Juifs tunisiens ! ” Les autres ne peuvent pas comprendre, c’est assez limité. Les gens du théâtre disent de lui qu’il fait du Music-Hall et ceux du Music-Hall qu’il fait du théâtre . Mais comme cela marche, si le théâtre se ferme, le Music-Hall s’ouvre. Ensuite, ayant peur que le personnage lui colle à la peau, il écrit Anatole échec total . Il fallait couper avec Albert mais pas avec ce qu’il avait de lui dans Albert . Il jouera le spectacle cent trente fois pour comprendre cela . Triste ensuite, il brûle tout ce qui touche à ce spectacle (et c’est un grosse bêtise! ). C’est pour cela qu’il écrit ensuite un hymne à la mémoire : les Magnifiques . Il retrouve le succès et se moque des remarques d’exclusion . Il lit Albert COHEN et cela le rassure.


Parallèlement, le Cinéma lui fait de l’oeil et Michel Boujenah connaît son premier succès cinématographique avec Trois Homme et un couffin (1984) pour lequel il obtient le César du meilleur second rôle masculin. Il enchaîne avec La dernière image (1984), Lévy et Goliath (1986), Moitié-Moitié (1987), le Nombril du Monde (1993), les Misérables du XXème siècle (1994), Ma femme me quitte (1995), Une femme très amoureuse (1997), Dom Juan (1998), La Grande Vie (2001), 18 ans après (2003), Les Clefs de bagnole (2003), Le dernier gang (2007), Les bureaux de Dieu (2008)… Il réalise en 2003 son premier film, Père et fils avec Philippe Noiret, Charles Berling, Bruno Putzulu et Pascal Elbé avec qui il co-écrit ce film. Une aventure qui est couronnée de succès puisque Père et fils fait plus d’un million d’entrées. Il signe en 2007 son deuxième film 3 Amis avec Mathilde Seigner, Kad Mérad et Pascal Elbé, sans oublier « Philippe Noiret, qui passait par là ». Mais, Michel Boujenah n’abandonne pas pour autant la scène et en même temps que le cinéma il écrit et joue l’Ange Gardien (1987), Elle et Moi (1991), Le petit Génie (1994)…en 2000, transition avec Mon Monde à Moi en passant par le Palais des Congrès de PARIS. En 2004, il tient sa promesse « Maxo Boutboul disait il y a 20 ans : « tant qu’il y aura des auteurs pour nous écrire et des acteurs pour nous jouer, on sera éternels ». Alors tous les 20 ans, jusqu’à l’an 3000, je ferai une nouvelle version des « magnifiques » pour être fidèle à mes personnages. Je ne saurai plus où aller si j’oublie d’où je viens. » Michel Boujenah a joué ses Nouveaux Magnifiques pendant 4 ans. Il revient aujourd’hui avec sa toute dernière création, Enfin Libre . « Après pratiquement trente ans de scène en solitaire et après avoir découvert le plaisir de changer, d’improviser et d’inventer tous les soirs des prolongements au texte écrit, j’ai décidé de faire un nouveau spectacle où je serai en liberté..

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